L’omniprésence de l’impression 3D
L'omniprésence de l'impression 3D
La robe à pétales rouges de la styliste Zac Posen a paradé sur le tapis rouge du Met Gala de cette année, fruit de plus de 1 000 heures d'impression 3D et de peinture en aérosol. D'autres tenues imprimées en 3D étaient également présentes, notamment une coiffe, une robe courte et une robe longue drapée sculptée à la perfection sur le corps d'un mannequin. Et si ce travail était époustouflant, il n'était pas vraiment surprenant : l'impression 3D est devenue si omniprésente qu'il est possible d'entrer dans une bibliothèque publique et d'en ressortir avec un objet imprimé en 3D de son choix.
Des podiums aux coins lecture, l'impression 3D est partout.
Une histoire de croissance
L'impression 3D et la fabrication additive existent sous une forme ou une autre depuis longtemps. Pendant que vous écoutiez des mixtapes sur votre Walkman et que vous adoriez les bracelets « slap », des ingénieurs inventaient déjà des méthodes de fabrication de modèles en plastique 3D et posaient les bases technologiques sur lesquelles reposent les imprimantes 3D modernes. Au début des années 90, Stanford et l'université Carnegie Mellon ont travaillé au développement de nouvelles méthodes de dépôt de matériaux, notamment les matériaux pulvérisés et le microcoulage.
Les années 90 ont vu la commercialisation du procédé de lit de poudre, puis d'un système de jet polymère de haute précision doté de structures de support solubles. Dès 1995, un procédé de fusion laser sélective a été mis au point, et dans les années 2010, des pièces métalliques destinées à un usage final étaient déjà produites. Dès 2012, il était possible d'imprimer en 3D avec une plus grande variété de plastiques, et dès 2019, l'impression 3D s'était infiltrée dans la mode.
Le présent et l'avenir de l'impression 3D
Bien sûr, l'impression 3D n'a pas encore dit son dernier mot, et il ne s'agit pas d'un simple effet de mode. Elle est là pour durer -- et s'adapter pour répondre à des besoins variés. À l'heure actuelle, son plus grand potentiel semble résider dans sa capacité à combler les lacunes des projets de construction. Après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame, l'entreprise de design néerlandaise Concr3de promet que, grâce à l'impression 3D, le bâtiment historique pourrait être restauré en seulement cinq ans, pour un coût inférieur aux fonds déjà réunis. Des entreprises travaillent sur des technologies -- et en utilisent même déjà -- permettant de réaliser l'impression 3D directement sur un chantier, en imprimant directement sur la structure existante plutôt que d'imprimer ailleurs puis de transporter les pièces. L'impression 3D promet de révolutionner le secteur de la construction, en le rendant moins coûteux, plus rapide et, en définitive, plus sûr.
Nous voyons également des organes imprimés en 3D (pour le corps humain !) devenir plus proches que jamais de la réalité. Plus rapides, plus précises, flexibles et personnalisables, les imprimantes 3D sont déjà utilisées en médecine et ont permis une preuve de concept prometteuse pour des organes entiers, ce qui sauverait la vie de nombreuses personnes inscrites sur les listes de transplantation à travers le monde.
Global Market Insights Inc. prévoit que l'impression 3D continuera de croître -- de 25 % entre 2018 et 2024, soit dans à peine quelques années. D'ici 2025, le secteur pèsera plus de 8 milliards de dollars, avec davantage de fonds de recherche consacrés aux avancées dans les secteurs de la construction, de l'automobile, de l'industrie manufacturière et de la médecine.
Et, bien sûr, il existe des usages plus originaux de l'impression 3D, qui continuent eux aussi d'évoluer. Si les créations de Posen étaient intéressantes et magnifiques, il n'est pas le premier styliste à s'essayer aux matériaux imprimés en 3D. En réalité, d'autres vendent déjà leurs créations pour des milliers de dollars et travaillent à améliorer la flexibilité des matériaux. Il reste possible d'imprimer en 3D des bijoux et des bibelots en abondance, l'un des grands avantages de la croissance rapide du secteur. Si l'impression 3D est promise à de grandes réalisations, elle œuvre aussi discrètement sur des projets plus modestes, contribuant à rendre la science et l'ingénierie accessibles au plus grand nombre.